Mettre le feu à la corde : sur la révolte de Baltimore et les autres à venir

Par Romina Akemi (Black Rose Anarchist Federation / Federación Anarquista Rosa Negra), traduit de l’anglais par Alternative Libertaire Bruxelles

LOS ANGELES, CALIFORNIE

Baltimore-uprisingAu petit matin du 1er mai, Marilyn Mosby, procureure général de la ville de Baltimore, annonçait des poursuites pénales à l’encontre des six policiers responsables du meurtre de Freddie Gray. Les poursuites comportent le meurtre au second degré et l’homicide involontaire. Victoire amère qui illustre l’impact des manifestations de masse face à l’injustice. Durant son annonce Mosby a affirmé « citoyens de Baltimore et manifestants de toute l’Amérique. J’ai entendu votre appel ; pas de justice, pas de paix. Votre paix est pourtant nécessaire pour que je puisse livrer justice au nom de ce jeune homme ».

Alors que des milliers de manifestant.e.s marchaient dans les rues de Baltimore et à travers tout le pays, il parait évident que ce camouflet de justice n’est pas suffisant. Dans un article du New York Times, un habitant de Sandtown dans le Winchester affirmait “je pense qu’ils poursuivent les officiers de police juste pour calmer la population, mais je ne pense pas qu’ils seront reconnus coupables”.

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Blockupy Francfort : Gâchons la fête du capital

Par Laurent Esquerre (AL Paris nord-est)

1779727_392511644249213_402881693095183501_nÀ l’occasion de l’inauguration du nouveau siège de la BCE à Francfort le 18 mars prochain, les anticapitalistes allemands et de toute l’Europe s’organisent pour jouer les trouble-fête.

Mercredi 18 mars 2015, les chefs d’état de l’Union européenne et tout ce que l’Europe compte de gros bonnets de la banque et de la finance se ­retrouveront à Francfort pour inaugurer le nouveau siège de la Banque centrale européenne (BCE) dans une atmosphère de fête.

Ce rassemblement sera celui d’une oligarchie qui entend célébrer et mettre en scène sa puissance. Celle-ci est symbolisée par un édifice surmonté d’une tour de verre et de béton haute de 185 mètres.

L’architecture monumentale parle pour elle-même : elle se veut intimidante à l’image de cette composante de la troïka [1]. Le coût de ce temple de la finance est à l’avenant, puisque la note s’élève à ce jour à 1,3 milliard d’euros. Cette gabegie est d’autant plus révoltante que la BCE est un des principaux leviers des politiques d’austérité qui frappe des centaines de millions de travailleuses et de travailleurs en Europe. Un grand projet inutile, un de plus.

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L’hypothèse grecque. Sur les luttes, les alternatives et le dégouvernement

Par Organisation Socialiste Libertaire – Lausanne – Février 2015

10526007_810347929018692_2869869300897579126_nSYRIZA cherche un chemin pour satisfaire, au moins en partie, aux revendications qui l’ont porté au pouvoir et pour desserrer l’étreinte de la dette sur la Grèce. Cette gauche radicale, désormais «de gouvernement», arrive aux affaires en coalition avec les nationalistes de droite de AN.EL et après une victoire électorale certes significative, mais qui fait de la coalition une force majoritaire du point de vue parlementaire mais minoritaire dans la société.

La victoire de SYRIZA est un événement politique, non seulement pour la Grèce, mais pour l’Europe. Il s’agit d’une avancée importante dans la période que nous traversons. Le positionnement politique d’une fraction importante du salariat et du peuple, fût-il à travers le vote et la politique de délégation, n’est pas rien. Il y a un engagement des classes populaires dans ce processus politique. Ne pas sous-estimer cette expression, ne pas la mépriser est nécessaire. Cela n’enlève rien à la fermeté et à la clarté d’une politique qui opte pour l’autonomie populaire. L’action directe de masse, la prééminence du rapport de force sont premières. La question centrale est de viser toujours le déploiement du contre-pouvoir, de la contre-hégémonie, avec à la clef la construction du pouvoir populaire.

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La gentrification : comment y résister ?

Par Anne Clerval (géographe)

Le mouvement de relégation des classes populaires vers la périphérie des grandes villes semble parfois relever d’un mouvement inexorable. Il est cependant possible de le freiner.

La gentrification – l’embourgeoise – ment des quartiers populaires par la transformation de l’habitat et du tissu urbain – est un processus local qui résulte des reconfigurations du système capitaliste à différentes échelles : transformation sociale des emplois dans les grandes villes, en lien avec la nouvelle division internationale du travail, fonctionnement du marché immobilier comme enjeu croissant d’absorption des surplus de capitaux, mais aussi politiques économiques néolibérales, déréglementation du marché du logement [1], et surtout politiques locales d’embellissement des espaces urbains au détriment des usages populaires de la ville.

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Derrière l’antisionisme, un humanisme

Par Julien Clamence (AL Bruxelles)

maja1_largeLe flou sémantique et le silence sont devenus les armes privilégiées du statu quo. Troubler notre compréhension du monde pour mieux imposer une vision unique, réductrice et meurtrière, voilà la méthode employée chaque jour, directement ou indirectement, par nos faiseurs d’opinions. La question palestinienne et le massacre perpétré à Gaza depuis plusieurs semaines ont été l’occasion de nous rappeler cette réalité. Comme d’habitude, les propagandistes jouent aux marionnettistes avec les cadavres et des « personnalités publiques » lancent des anathèmes et des accusations d’antisémitisme sans retenue ni intelligence. Au cœur de ce problème, celui d’une lutte : l’antisionisme.

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Barcelone : Can Vies, de l’autogestion à la reconstruction

 Par Antoine (depuis Barcelone)

Le Centre Social Autogéré Can Vies, 1canvies17 ans de solidarité, d’autogestion et de culture (ou plutôt de contre-culture) durant lesquels se sont déroulés entre autre des centaines de débats, projections de films, représentations théâtrales, présentations de livres, ateliers de formations, concerts, dîners populaires. Entre autre…

C’est à Barcelone en 1997 dans le quartier populaire de Sants que naquit le projet de Centre Social Autogéré (CSA) Can Vies. L’aventure commence dans un bâtiment abandonné par l’entreprise gérant les transports publics de la ville (TMB). Bâtiment qui résume à lui seul l’histoire de Barcelone. Construit en 1879 comme entrepôt de matériel de construction, il est collectivisé en 1936 par la CNT pendant la guerre d’Espagne. Après la victoire de la dictature, il sera récupéré par le régime jusqu’à la mort de Franco. Il devient ensuite un nouveau un lieu de rassemblement des travailleurs.ses. Incendié lors d’un conflit social, le bâtiment se retrouve inoccupé. Il est alors récupéré par des jeunes des quartiers avoisinants pour devenir le Centre Social et Culturel très populaire que l’on connaît aujourd’hui. Le CSA Can Vies prend rapidement de l’ampleur à Barcelone. Il devient une lumière signifiante contre le capitalisme, le fascisme et la répression étatique. Une lumière qui, malgré les événements récents, n’est pas prête de s’éteindre.

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