La loi travail, ultime stade de la crise capitaliste

Flo (AL Marne)

DSCF0976En Belgique comme en France, les mesures défendues le gouvernement s’inscrivent dans un long processus de mesures néolibérales visant à accroître les profits, diminuer les salaires et saper la protection sociale. Cette volonté de profit s’inscrit dans le contexte d’un capitalisme en crise, dont les solutions palliatives ont démontré leurs limites. À nous d’inscrire les combats d’aujourd’hui dans le cadre d’un projet de société émancipée dans l’avenir.

La loi travail s’inscrit dans la continuité des réformes néolibérales menées par les gouvernements successifs depuis le tournant marqué par la mise en place du gouvernement Martens-Gol en 1982. La crise de 1974 s’est traduite par le constat de l’échec des politiques keynésiennes (investissements de l’État pour stimuler la production et la consommation) et redistributives (hausses des salaires), dont les limites se sont révélées dans les années 1980. La chute des taux de profit et les ralentissements de la croissance ont entraîné l’impossibilité d’assurer à la fois investissement, protection sociale et remboursement de la dette croissante de l’État, liée aux politiques sociales keynésiennes d’avant crise.

Le projet néolibéral était alors de redresser les taux de profit par tous les moyens, en jouant sur tous les leviers d’augmentation de la plus-value, c’est-à-dire sur tout ce qui permet de produire autant ou plus sans dépenser davantage, ou en dépensant moins, notamment au niveau des salaires. En découlent des politiques visant la flexibilité à l’embauche et la facilitation des licenciements, la diminution des salaires, l’augmentation du temps de travail sans hausse de salaires, l’intensification des cadences, la hausse de la productivité technique, les délocalisations. En découlent aussi les logiques de démantèlement des acquis salariaux, les réductions de taxes sur les entreprises, (en réduisant les budgets des services de l’État), ainsi que les cadeaux fiscaux faits aux patrons (pour stimuler la production et l’embauche).

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L’hypothèse grecque. Sur les luttes, les alternatives et le dégouvernement

Par Organisation Socialiste Libertaire – Lausanne – Février 2015

10526007_810347929018692_2869869300897579126_nSYRIZA cherche un chemin pour satisfaire, au moins en partie, aux revendications qui l’ont porté au pouvoir et pour desserrer l’étreinte de la dette sur la Grèce. Cette gauche radicale, désormais «de gouvernement», arrive aux affaires en coalition avec les nationalistes de droite de AN.EL et après une victoire électorale certes significative, mais qui fait de la coalition une force majoritaire du point de vue parlementaire mais minoritaire dans la société.

La victoire de SYRIZA est un événement politique, non seulement pour la Grèce, mais pour l’Europe. Il s’agit d’une avancée importante dans la période que nous traversons. Le positionnement politique d’une fraction importante du salariat et du peuple, fût-il à travers le vote et la politique de délégation, n’est pas rien. Il y a un engagement des classes populaires dans ce processus politique. Ne pas sous-estimer cette expression, ne pas la mépriser est nécessaire. Cela n’enlève rien à la fermeté et à la clarté d’une politique qui opte pour l’autonomie populaire. L’action directe de masse, la prééminence du rapport de force sont premières. La question centrale est de viser toujours le déploiement du contre-pouvoir, de la contre-hégémonie, avec à la clef la construction du pouvoir populaire.

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Usine Fralib : la lutte paie !

Par Alternative libertaire

132379-un-manifestant-salarie-de-l-entreprise-de-thes-fralib-regarde-le-cortege-syndical-a-lyon-le-23-mars-Le courage, la ténacité et l’intelligence collective des salarié.e.s de Fralib ont eu raison de la multinationale Unilever qui voulaient fermer leur usine de Gémenos (Bouches-du-Rhône) pour délocaliser la production de thés et tisanes en Pologne.

Au bout de 1336 jours de lutte, les ouvrières et ouvriers ont arraché au géant mondial de l’agro-alimentaire un accord qui va permettre la réalisation de leur projet de reprise de l’activité en société coopérative ouvrière de production (scop).

La multinationale cède pour un euro symbolique les machines d’une valeur de 7 millions ; elle verse un fonds de roulement de 1,5 millions, elle finance la remise en état, le développement et la modernisation de l’outil de travail, ainsi que la formation des salarié-e-s ; les 76 travailleuses et travailleurs en lutte reçoivent chacun une prime de 100.000 euros en plus des indemnités légales « pour le préjudice subi ».

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Ukraine : Cinquante nuances de brun

Par SAT – Syndicat Autonome des Travailleurs [ Traduction : XYZ / OCLibertaire ]

ukraineprotests123Le renversement du régime autoritaire de Ianoukovitch ne signifie nullement, pour nous, la fin de notre combat. Les nouveaux dictateurs s’empressent de prendre la place du Parti des Régions. Ils n’hésiteront à s’appuyer non seulement sur les agences de sécurité considérablement affaiblies, mais aussi sur les militants d’extrême droite. Le régime de l’arbitraire en matière de police et de poursuites judiciaires méritait absolument d’être renversé, mais maintenant, une nouvelle période de terreur, qui sera justifiée idéologiquement, peut arriver.

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Nationalisation, privatisation, socialisation, autogestion : le droit de propriété en question

Par Catherine Lebrun, Christian Mahieux

Nationalisation, privatisation, socialisation, autogestion… Le syndicalisme ne peut pas faire l’économie d’approfondir ces questions car elles sont au cœur de tout projet de transformation sociale radicale.

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Au-delà des positions de principe de lutte contre le système capitaliste, les réponses et les stratégies alternatives à construire doivent prendre la mesure de l’évolution du capitalisme et des conditions concrètes dans lesquelles se mènent la lutte des classes. Elles reposent sur la nécessaire articulation entre revendications immédiates et changements structurels, entre revendications et construction du rapport de force pour les faire aboutir, entre projet alternatif et formes d’action (démocratie ouvrière, démocratie dans les luttes, grèves de masse, grèves reconductible, autonomie des mouvements sociaux, conséquences politiques concrètes des luttes, etc.)

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Marx et Keynes : Les limites de l’économie mixte de Paul Mattick

Par Nico ( AL Marseille)

mattickLa crise de 1929 amena le capitalisme au bord du gouffre. On vit pleuvoir les financiers qui se jetèrent en nombre par les fenêtres des grands buildings new-yorkais. Des millions de gens perdirent leur travail, leur maison, bref, tout. Puis l’économie redémarra, surtout grâce à l’essor des industries d’armements, tirée par les commandes de l’Etat…

Quelques années plus tard, après une guerre mondiale et bien des atrocités, on découvrit qu’un universitaire, Keynes, théorisait depuis un bon moment l’intervention étatique dans l’économie. Comme les capitalistes aiment bien les individus géniaux et autres proclamés « précurseurs », ils s’empressèrent de dire que Keynes en était un, et que la nouvelle économie mixte était une économie « keynésienne ».

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