Makhno et l’Ukraine libertaire (1917-1921)

Jérémie Berthuin (AL Gard)

Quand on pense Révolution russe de 1917, il est courant d’opposer les forces réactionnaires, les « blancs », aux révolutionnaires, les « rouges ». Il convient, néanmoins, de revenir sur le rôle d’une troisième composante : celle des anarcho-communistes d’Ukraine, menés par Nestor Makhno, qui expérimentent une véritable autogestion à partir de novembre 1918.Lire la suite

Mickaël Correia, « Une histoire populaire du football »

Par Jérémie (AL Gard)

Le livre du journaliste Mickaël Correia montre, loin des clichés, que ce sport peut revêtir une dimension sociale et revendicative.

Amoureux du ballon rond, l’auteur, dès les premières lignes de son ouvrage, marque le terrain. Il dénonce ce qui rend grossier, aujourd’hui, une pratique, une passion pourrie par l’argent-roi.

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Mémoire des luttes : Femmes Libres contre machisme libertaire

Par Adèle (AL Montreuil)

mujeres-libres-1936Organisation féministe fondée un peu avant la guerre d’Espagne, les Mujeres Libres ont contribué au combat libertaire, mais aussi mis en avant la lutte pour la place des femmes dans la société et dans le monde militant. Un combat encore actuel.

Des Mujeres Libres, on sait souvent certaines choses. Que cette organisation qui revendiquait dans son nom même la liberté des femmes exista dans un contexte révolutionnaire et de guerre civile, en Espagne, ­entre 1936 et 1939. Qu’elle était autogestionnaire et fédéraliste. Que ses militantes furent nombreuses (20 000 en juillet 1937). Qu’elles s’adressaient à la classe ouvrière et en étaient souvent issues. Qu’elles s’exprimaient sur des sujets aussi divers que les conditions de travail et les salaires, la grossesse, le plaisir féminin, la structure familiale. ­Qu’elles refusèrent de s’allier avec les féministes communistes, mais ne trouvait que peu d’appui également chez les libertaires. Qu’elles considérèrent ­l’éducation des femmes comme un outil indispensable de leur émancipation. Qu’ainsi, elles assurèrent des formations techniques, générales et militantes pour les femmes. Surtout, ­qu’elles avaient la volonté d’articuler classe et genre pour ­contrer les féministes bourgeoises de ­l’époque.

1286310934481muilicianasgdOn sait parfois aussi, mais pas toujours, que c’est en premier lieu face à leur organisation libertaire, la CNT, qu’elles se dressèrent. En particulier, c’est à cause des pratiques de certains militants qu’elles voulurent créer cet espace militant réservé aux femmes (on dirait aujourd’hui non mixte). La CNT prônait l’égalité des sexes et de nombreuses femmes s’y syndiquaient. Certaines y avaient même des responsabilités. Les idées de Proudhon, qui voulait laisser les femmes à la cuisine, étaient rejetées. Mais l’écart entre la théorie et les pratiques des militants était trop important.

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[AUDIO] Histoire de l’Anarchie

Émission de radio “Histoire de Savoir” consacrée à l’histoire de l’anarchie sur Radio Campus Bruxelles (92.1) avec un membre d’Alternative Libertaire Bruxelles.

Radio Campus est née en 1980 sur le campus de l’Université Libre de Bruxelles. http://www.radiocampus.be

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Anarchisme en Belgique (2) : Un problème de mémoire

Par Julien Clamence (AL Bruxelles)

Le mouvement libertaire belge souffre d’un déficit de transmission de la tradition militante. Après le premier volet le mois dernier, la suite du long article d’ un membre du collectif Alternative libertaire Bruxelles.

12898402_468007393403301_6601007045371153855_oEn plus de souffrir d’un environnement politique hostile, les anarchistes belges sont confrontés à un vide mémoriel. Chaque génération doit plus ou moins recommencer à zéro, sans bénéficier des conseils et du legs des la génération précédente. Même si cette situation peut avoir des avantages, comme celui de renouveler la doctrine et de ­l’adapter aux temps présents, elle donne surtout l’impression aux militants et militantes que l’anarchisme jaillit tout à coup avant de disparaître, qu’il possède chez nous un caractère volatile et impropre à être une posture révolutionnaire stable.

On peut remonter loin pour comprendre cet état de fait. Les anarchistes belges étaient très présents dans le mouvement ouvrier à la fin du XIXe siècle et au tout début du XXe siècle. Comme en France, ils s’organisaient en particulier autour de journaux puis au sein du mouvement syndical – lors de l’exécution de Francisco Ferrer en 1909, par exemple, les maisons du peuple du bassin hennuyer se sont couvertes de drapeaux noirs. Certaines expériences de communautés alternatives ont même été tentées près de Bruxelles, mêlant autogestion, solidarité économique, végétarisme voir même nudisme. Mais déjà à l’époque, la Belgique était très dépendante de son grand voisin du sud et même du reste de l’Europe. Terre d’exil, elle accueillait de nombreux anarchistes étrangers, venus se réfugier, surtout à Bruxelles, suite à l’adoption des lois scélérates ou des diverses actions révolutionnaires menées en Espagne ou en Italie.

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