Les Libertaires, l’intersectionnalité, les races, et l’islamophobie

Par Francis Dupuis-Déri et Irène Pereira (publié sur Grand Angle Libertaire)

Depuis la parution du livre d’Houria Bouteldja, Les Blancs, les Juifs et nous, au printemps 2016 (Paris, La Fabrique), on voit se développer dans les milieux libertaires en France une polémique autour de l’usage de la notion de « race »[1]. Ceux qui utilisent une telle notion sont qualifiés de « racialistes » et assimilés à des racistes. Cela touche en particulier la notion d’« intersectionnalité » qui est issue des sciences sociales et reprise par des militants dans le but de mieux articuler la réflexion autour de différentes oppressions comme le sexe, la race et la classe[2]. Récemment, le Groupe anarchiste Regard noir (depuis autodissous) publiait, avec la Anarchist Federation, une brochure intitulée Classe, genre, race et anarchisme, proposant des traductions de textes plutôt courts de l’Assemblée des femmes de la Fédération anarchiste britannique, qui aident à réfléchir à la notion — et au phénomène — de « privilèges »[3].

Le site de réflexions libertaires Grand Angle a souhaité proposer une discussion entre deux libertaires et chercheurs en sciences sociales, pour lever certains malentendus et comparer le contexte militant et intellectuel français et québécois. En effet, Francis Dupuis-Déri milite ou a milité dans des organisations de sensibilité anarchiste aux États-Unis, en France et surtout au Québec. Il enseigne en science politique et en études féministes à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et il a signé quelques livres, par exemple L’anarchie expliquée à mon père (avec Thomas Déri, Montréal, Lux, 2014) et Les Black Blocs (Montréal, Lux, 4e éd. 2016). Irène Pereira a milité dans différentes organisations libertaires (CNT, Alternative Libertaire) et est membre du collectif de rédaction de la revue Réfractions. Elle enseigne à l’ESPE de l’Université de Créteil et participe au réseau « Sexe, race, classe » de l’Association française de sociologie. Elle a publié, entre autres, Anarchistes (Montreuil, La ville Brule, 2009) et L’anarchisme dans les textes (Paris, Textuel, 2011).

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Le mouvement islamophobe Pegida mis en échec par des militant-e-s antifascistes à Londres.

Par Jeunesses Libertaires

18510_1066630366684105_6625647667343489066_nLe samedi 4 avril avait lieu la première manifestation de Pegida – mouvement islamophobe et anti-immigration – dans la capitale britannique. Mais ce rassemblement d’extrême-droite fut éclipsé par la contre-manifestation antifasciste organisée par l’Action Antifasciste de Londres.

Comme en Allemagne ou en Suède il y a quelques mois, ce sont des centaines de militant-e-s antifascistes et antiracistes qui se sont mobilisé-e-s pour faire taire le mouvement islamophobe Pegida (Patriotes Européens contre l’Islamisation de l’Occident en allemand).

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[A écouter] Intervention de Saïd Bouamama à la conférence “Quels combats contre le racisme ?”

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Alors que le rappeur Saïdou du groupe Z.E.P (Zone d’expression populaire) et le sociologue et militant Saïd Bouamama ont été mis en examen sur une demande de l’organisation d’extrême-droite, l’AGRIF, nous publions l’intervention de Saïd Bouamama lors de la conférence “quels combats contre le racisme?” organisé par Alternative Libertaire Bruxelles le 6 décembre 2014.

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La culpabilité de la plume

Par San Vincente

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Eric Zemmour sera présent le 6 janvier à Bruxelles, invité une fois de plus par le Cercle de Loraine (lieu au caractère populaire s’il en est puisque le droit d’entrée annuel est fixé à 1500 euros) pour présenter son nouveau livre. Notre « intellectuel » médiatique y poursuivra son travail de propagande idéologique réactionnaire, sponsorisé par un establishment tout aussi réactionnaire. Nous ne reviendrons pas sur le contenu de son nouveau livre car il n’y a rien à dire, Zemmour y approfondit seulement la ligne politique qui est la sienne depuis le début : haine des pauvres, des musulmans, des femmes, des homosexuels… en somme de tous les opprimés du système.

Nous voulons faire ici un premier point sur la duplicité intellectuelle du « zemmourisme ». Celui-ci se présente comme le porte-parole du petit peuple, de la France profonde trahie par ses élites, etc. Zemmour lui-même serait, d’ailleurs, un intellectuel subversif et persécuté par ces mêmes élites qui vendrait au plus offrant la France éternelle qu’il aime et admire. Je suppose que quand une personne n’est pas ce qu’elle voudrait être, elle finit par se murer derrière les plus gros mensonges possibles. Zemmour serait le porte-parole des petits gens ? Il suffit de voir où il est invité pour se rendre compte de la supercherie que constitue une telle prétention. Il en va de même pour son statut d’intellectuel « persécuté », il est invité partout dans les médias à la sortie de tous ces nouveaux livres. Même en dehors de ces périodes, il est l’invité régulier, voir chroniqueur, dans plusieurs émissions à la radio et à la télévision.

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Une «  black revolution  » reste à faire

Par Commission antiraciste d’Alternative libertaire

042851-000_angeladavis_02Des noirs américains des années 1960 aux racisé-e-s en France ou en Belgique aujourd’hui, on constate que les groupes sociaux racisés finissent toujours par vivre les mêmes maux. Il y a des explications systémiques à cela : le racisme, le colonialisme, le patriarcat, le capitalisme.

Si la domination perdure, il y a aussi des similitudes entre les mouvements de l’immigration des années 1980 en France et le mouvement des droits civiques des années 1960 aux États-Unis. En 1983, les premières Marches pour l’égalité avaient pris pour modèle la fameuse Marche de Washington de 1963 et les méthodes non violentes de Martin Luther King. De son côté, le régime mitterrandien s’était inspiré de la façon dont l’administration Kennedy avait récupéré le mouvement des droits civiques. Ainsi, la radicalité qui avait émergé suite aux Marches fut habilement coupée sous le pied des contestataires. Au final, en France comme aux États-Unis, l’ouverture de hautes sphères de la société ne s’est faite qu’au bénéfice d’une élite intégrée, alors qu’en parallèle la répression et politique carcérale était sans pitié.

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